
SURENDETTEMENT DE LA CÔTE D’IVOIRE : UN MYTHE QUE BALAIENT LA VÉRITÉ SCIENTIFIQUE ET LES FAITS ÉCONOMIQUES
Depuis quelques années, on a instauré un vrai faux débat sur le soi-disant surendettement de la Côte d’Ivoire : des articles de journaux relèvent que le pays est trop endetté ; des hommes politiques s’insurgent contre son endettement excessif quand des autoproclamés économistes ou des experts(?) tirent sur la sonnette d’alarme. Je voudrais m’efforcer de démontrer ici que, du point de vue du raisonnement scientifique, l’endettement est un facteur de croissance économique, que toutes ces récriminations, inquiétudes et alertes au danger sont scientifiquement infondées, que la Côte d’Ivoire n’a jamais été surendettée (même au plus fort de la soi-disant crise de l’endettement international dans les années 1980-1990) et qu’elle ne court aucun risque à s’endetter, de nos jours.
1. L’endettement est un facteur de croissance économique
L’endettement un est sujet économique qui a fait l’objet d’une littérature abondante qui devrait mettre tout le monde d’accord, du moins, du point de vue de la rationalité économique. Malheureusement, des faux concepts, plus administratifs que scientifiques, ont été introduits dans le débat sur l’endettement d’un pays, et économistes et économistes idéologues en ont fait un point de fixation sans chercher à le comprendre véritablement ; ainsi, des économistes, des hommes politiques et des activistes ont pris le pli de faire une interprétation erronée voire idéologique du concept d’endettement, au point de biaiser complétement le débat sur ce sujet d’importance. Or, pour éclairer les décideurs publics et les populations, le débat devrait rester sur le champ proprement scientifique.
À partir de La théorie néoclassique de la croissance économique qui pose que la croissance économique ( g) est fonction du capital( K), de la force de travail (L) et du progrès technique (λ), soit
g = f( K,L,λ )
On comprend bien que la dette contractée, qui est une composante du capital, contribue à la production nationale (PIB) ou de l’entreprise (elle est inscrite au passif du bilan de l‘entreprise et affectée à l’investissement).
Évidemment, pour être productive, la dette contractée doit être affectée à un placement ou un investissement rentables. Or, en Sciences Économiques, la Valeur Actualisée Nette (VAN) permet de déterminer la rentabilité d’un investissement ; en ce qui concerne le placement rentable, on peut aisément reconnaitre, entre taux d’intérêt créditeur sur le marché financier et taux d’intérêt débiteur sur la créance à rembourser, lequel est le plus élevé pour apprécier le différentiel d’intérêt rentable (positif) et faire un placement.
2. La crise de l’endettement international n’était qu’une vaste escroquerie intellectuelle
En matière d’endettement international, un pays est surendetté quand « ses obligations débitrices excèdent ses capacités de remboursement » ; dans ce cas, il peut déclarer défaut de paiement envers ses créanciers dans la mesure où il n’est plus en mesure de faire face à ses obligations de remboursement de dette. Mais, cela ne signifie pas forcément que le pays est en faillite financière et que l’avenir de ses citoyens est gravement menacé, comme le prétendent les soi-disant spécialistes ; un pays peut très bien déclarer défaut de paiement donc être surendetté sans s’effondrer financièrement ; il peut même en tirer grand profit comme l’histoire récente et présente de l’endettement international en apporte la preuve (nous le verrons).
Dès le début de la soi-disant crise de l’endettement international (une grosse escroquerie intellectuelle), en 1982, marquée par la déclaration de défaut de paiement du Mexique (en Août 1982) suivi d’autres défauts de paiements dont celui du Pérou en 1986 et ceux de la Côte d’Ivoire et du Brésil en 1987, créanciers et débiteurs se sont évertués à la juguler tant bien que mal, à travers différents mécanismes : rééchelonnements (modification des échéances et / ou report de paiement du principal et des intérêts), conversion et rachats de dette sur le marché secondaire, provisionnements par les banques créancières privées, Plans Baker, Brady, Miyazawa, termes de Lyon, termes de Toronto, termes de Naples etc., négociations et rééchelonnements à travers le Club de Paris ( avec créanciers publics) et le Club de Londres(avec créanciers privés), PPTE et PPTE renforcé (depuis les années 1990) ; au bout du compte, une partie substantielle de la dette des pays en développement a été effacée, sans pourtant provoquer la faillite des créanciers privés et publics et du système financier mondial, faillite que l’on redoutait dès le début de la soi-disant crise et qui n’a jamais eu lieu. Les pays en développement qui, se conformant aux conseils de leurs experts(?), ne se sont pas beaucoup endettés, ont dû le regretter, après les mécanismes PPTE d’annulation de dette à 90%, puis à 100%.
En réalité, il n’y avait pas eu véritable menace de faillite du système bancaire et financier international pour deux raisons principales :
- les pays en voie de développement endettés qui éprouvaient des difficultés à rembourser leurs dettes, continuaient de bénéficier d’autres prêts tant des créanciers privés que publics ; ces derniers avaient grand intérêt dans la survie des économies des pays en voie de développement (William Cline, 1984.) ;
- au moment où survenait la soi-disant crise, les créanciers, surtout privés, s’étaient déjà fait rembourser, soit une bonne partie , soit la majeure partie voire la totalisé du capital prêté, soit nettement plus, car à 5% de taux d’intérêt, le capital initial est remboursé au double au bout de 14 ans ; Or, les dettes des pays sont remboursées, en général, sur le long terme ( 14 à 30 ans) et les taux d’intérêt variaient de 4% ou 5% à 16% ou 18% ; de la période d’endettement effréné( 1960-1980) des pays en voie de développement, à la période de crise et aux mécanismes pour juguler la crise de mi-1980 à 1990 – 2000,le compte était déjà bon pour tous les créanciers privés (62% ), bilatéraux ( 20%) et multilatéraux ( 18%) même si les créanciers publics avaient prêté à des taux confessionnels. Une étude du professeur Éric Berr, maître de conférences à l’Université Montesquieu –Bordeaux IV, a révélé d’ailleurs que, selon les chiffres du FMI et de la Banque Mondiale, « le montant total de la dette des pays en développement est passé de 560 milliards de dollars américains en 1980 à 2450 milliards de dollars américains en 2001. Dans le même temps, ces pays ont remboursé 3400 dollars américains de dette, soit 6 fois le montant de leur dette de 1980, pour se retrouver 4 fois plus endettés à la date de 2001 ». Dans ces conditions, les mécanismes d’annulation partielle, puis totale (PPTE renforcé) de la dette des pays en développement étaient plus que justifiées.
Toutefois, il convient de souligner ici trois faits marquants :
-sans endettement, la faramineuse somme de 2450 milliards de dollars américains (dette et financement de la dette) sur la période 1980-2001, n’auraient jamais été versée aux pays en voie de développement ;
-quelle qu’ait été son affectation (investissements rentables, moins rentables ou consommations) la dette extérieure contractée avait été injectée dans les économies des pays en voie de développement ;
-les mécanismes d’annulation partielle, à travers les Termes de Toronto de 33% en 1988, les termes de Londres de 50% % en 1991, les termes de Naples de 67% en 1994, le PPTE de 90% en 1996 et les mécanismes d’annulation totale, à travers le PPTE renforcé en 1999 ont permis d’atténuer la fuite licite de capitaux du Côté des pays débiteurs.
Les pays en voie de développement avaient du mal à rembourser leurs dettes, parce que justement, les prix des matières premières (café, cacao, Cotton, bauxite, manganèse etc.,) dont ils sont les principaux exportateurs, étaient mal rémunérés et subissaient lourdement la détérioration des termes de l’échange quand la hausse des taux d’intérêt sur le marché des capitaux à partir des années 1970 -1980 ( passant de 4% en 1979 à 14% en 1981, puis à 16% et 18%, voire plus) et le rattrapage du prix du pétrole (car ne n’était pas une crise comme le prétendent les occidentaux et certains économistes africains perroquets ou idéologues ) à partir de 1973, alourdissaient leurs factures extérieures. Par conséquent, déclarer défaut de paiement dans les années 1980, de la part des pays en développement endettés, était une réaction rationnellement justifiée du point de vue économique. Ceci a d’ailleurs rappelé aux pays développés qu’ils ne pouvaient indéfiniment profiter seuls des fruits de la richesse mondiale engendrée par le boom économique planétaire de la période 1960-1980. D’où la mobilisation internationale tous azimut, pour juguler la soi-disant crise de l’endettement qui n’était que le rappel pour un minimum de prix d’équilibre sur les marchés des matières premières et de l’optimum de Pareto en termes de répartition (un peu plus équitable) de la richesse mondiale, dans une économie mondialisée où il est davantage question de macroéconomie en économie ouverte.
3. Le taux d’endettement Dette / PIB est non scientifique et faux
Dans les tentatives de solution et pour éviter que le phénomène ne se reproduise à l’avenir, les institutions de Bretton et la communauté financière internationale avaient élaboré, pour la bonne gestion des banques privées, entre autres, un ratio de solvabilité bancaire, appelé le ratio Cooke (fonds propres + quasi fonds propres / ensembles des engagements ˃ 8%), adopté en 1988( cf., le Comité de Bâle) et un taux de solvabilité pour les pays, le fameux taux d’endettement maximum de 70% ; en d’autres termes, pour être solvable, le niveau d’endettement d’un pays ne doit pas dépasser 70% de son PIB, soit
Taux d’endettement = D / PIB ≤ 70%
Mais, ce taux qui met en rapport dette(D) et PIB, n’est pas scientifique ; la théorie scientifique, c’est celle qui interprète scientifiquement, la réalité ; or, ce taux n’a aucun sens scientifique et ne permet d’interpréter aucune réalité économique dans un pays. Il est donc erroné, scientifiquement, pour plusieurs raisons :
- le PIB qui est la somme de toutes les richesses créées dans un pays, en un an, est très majoritairement créé par le secteur privé ( à plus de 99%) et détenu principalement par le secteur privé ; c’est donc le revenu du secteur privé, dans une très large proportion; l’État ne peut en faire usage pour régler ses dettes ;
- l’État qui, par coercition, fait une ponction (impôts et taxes diverses) sur le PIB, pour constituer son budget n’a, à sa disposition que ce budget, pour faire des investissements publics, faire fonctionner son administration et faire face à ses obligations (dettes). Il ne peut, en aucune façon, disposer de la très large part du PIB qui est le revenu du secteur privé ; sa solvabilité, c’est-à-dire sa capacité à faire face à ses engagements en matière de dette, ne peut être appréciée que par rapport à son budget(G), soit par le rapport G/PIB (Djelhi Yahot, 2021) ;
- la capacité productive d’un pays (PIB = ∑VA, la somme de toutes les valeurs ajoutées créées pendant un an) est totalement différente de la solvabilité de l’État (en sa qualité d’agent économique), c’est-à-dire, sa capacité à faire face à ses engagements et ses devoirs régaliens ;
- le rapport Dette / PIB n’explique nullement la solvabilité de l’État dans un pays, par rapport à ses engagements. Par analogie, pour mieux me faire comprendre, je fais remarquer que la banque qui accorde un crédit bancaire à un travailleur, le fait en prenant en compte les revenus du travailleur (salaires, et autres revenus, peut- être), mais, pas en fonction des revenus de son employeur qui ne sont pas ses revenus. Ainsi, on ne peut, raisonnablement, pas apprécier la solvabilité d’un État par le PIB du pays qui n’est pas un revenu étatique.
Par conséquent, apprécier la solvabilité d’un pays par ce fameux taux d’endettement D/PIB, est totalement et scientifiquement erroné. Tous ceux qui s’y cramponnent (Banque Mondiale, FMI, Union européenne, BAD, économistes, soi-disant experts, activistes, hommes politiques etc.,) se trompent lourdement et font des analyses erronées sur les économies des pays et trompent les populations.
4. Quand les faits économiques confirment l’irrationalité du taux d’endettement Dette /PIB
Les faits économiques dans le monde et des études empiriques réalisées par d’éminents économistes dont des lauréats de prix Nobel d’économie, confirment bien notre conclusion. Dans une étude économétrique, sur la période 1970 -2001, Sims a montré que les pays endettées ayant déclaré défaut de paiement, avaient des taux d’endettement Dette/PIB en dessous de 60% , donc nettement inférieurs au seuil de 70% ; Kenneth Rogoff ( professeur à Harvard University) , Carmen Reinhart et Miguel Savastano, (2003), d’éminents économistes, qui ont travaillé tous les trois au FMI, pendant un temps, ont démontré, dans une autre étude empirique que sur la période 1979- 2002, tous les pays qui ont déclaré défaut de paiement avaient un niveau d’endettement situé entre 30% et 60% de leur PIB. Dans leur étude, les trois économistes ont déterminé, comme facteur de solvabilité d’un pays, ce qu’ils ont appelé le seuil d’intolérance de la dette.
D’autres économistes ont identifié d’autres facteurs de solvabilité d’un pays qui sont : aversion aux risques de la part des investisseurs (Webber, 2005), faiblesse des fondamentaux et déficits primaires(Obstfeld,1985 ; Cole and Koohe, 1996, 1998, 2000 ; Cohen and Portes, 2003), instabilité politique (Krugman, 1979 ; Oosterlinck, 2005)), écart de rendement entre investissement à l’étranger et investissement dans l’économie domestique (Krugman, 2012) etc.
Les faits économiques sont plus révélateurs du non-sens qui caractérise le fameux taux d’endettement D/PIB ; En effet, selon les données statistiques du FMI et de la Banque Mondiale, depuis 2010, les pays en voie de développement, naguère surendettés (par référence au fameux taux d’endettement), ont recommencé à s’endetter davantage ; Parmi eux, on trouve les pays africains avec des taux d’endettement D/PIB extrêmement élevés en 2023 : Somalie( 209%), Erythrée ( 175,1%), Cap Vert (160,7%), Mozambique ( 133,6%), Angola( 103,7%), Zambie ( 101%), Maurice (101%), Ghana (92,4%), Egypte ( 91,4%,), Tunisie ( 90,2%), Congo-Brazzaville( 85,4%) et Afrique du Sud ( 71,1%) . Mais, des pays développés sont aussi parmi les pays les plus endettés au monde. Il s’agit du Japon (255%), de la Grèce (168%), de l’Italie (143 ;7%), des États-Unis d’Amérique (123,3%), de la France (110%) et du Portugal (108,3%) ; Singapour (168,3%) et la Chine (272%) ont aussi des taux d’endettement extrêmement élevés. Mais, tous ces pays (en voie de développement ou développés) n’ont jamais déclaré défaut de paiement malgré leurs taux d’endettement D /PIB, extrêmement élevés.
En résumé, on peut relever aisément que des pays ayant des taux d’endettement (D/PIB) nettement inférieurs au seuil de 70% (cf., les études citées) ont déclaré défaut de paiement quand d’autres qui ont réalisé des niveaux d’endettement extrêmement élevés et nettement au-dessus du même taux de 70%, n’ont pas déclaré défaut de paiement ; c’est, encore une fois, la preuve empirique (par les faits) que ce taux seuil n’est pas du tout fiable. Par conséquent, s’y référer, pour tirer des conclusions sur l’économie d’un pays ou sur la solvabilité d’un État (agent économique), est totalement erroné.
4. La Côte d’Ivoire n’est pas surendettée.
Quant à la Côte d’Ivoire, son taux d’endettement D/PIB, n’a jamais atteint les 70%. Au cours des dernières années, par exemple, son taux d’endettement a été de 46,3%, 50,9%,56,8%, 61,8% respectivement en 2020, 2021,2022 et 2023. Alors, si l’on se réfère à notre fameux taux d’endettement comme le font tous ceux critiquent la politique d’endettement du pays, où est le danger de surendettement qui menace l’économie ivoirienne au point d’obstruer l’avenir des jeunes générations ? Si le niveau élevé de ce fameux taux d’endettement était une menace, les jeunes japonais, américains, chinois, français, italiens, portugais, grecs, singapouriens etc., n’auraient plus d’avenir, puisque ce taux est nettement au-dessus de 70% dans leurs pays respectifs. Or, tel n’est pas le cas ; ce fameux taux ne reflète donc pas la réalité économique dans un pays.
Depuis plus de trente ans, l’économie américaine réalise un taux de croissance économique moyen de 2%, le plein-emploi (taux de chômage en-dessous de 5%), avec un taux d’inflation variant entre 1% et 2%, défiant ainsi la Courbe de Phillips. Les économies japonaise, chinoise, française, portugaise, italienne, grecque, singapourienne etc., n’ont jamais déclaré défaut de paiement et ont réalisé de bien meilleures performances que les pays à taux d’endettement (D/PIB) nettement inférieurs.
Certains commentateurs et analystes, comme pour cacher leur carence en économie, se contentent d’aligner les montants de la dette ivoirienne, année par année, pour tirer la conclusion hâtive et grotesque que « le pays est en danger ». Ils ne comprennent même pas que, ce qui compte en matière de dette (facteur de production et de croissance économique), c’est l’allocation rentable qui est important. Ainsi, plus la valeur absolue (le montant) de la dette est importante, plus son impact sur l’économie est significatif.
En Côte d’Ivoire, une partie de la dette a été allouée aux financements des infrastructures économiques (routes, ponts, aéroports, ports, centrales électriques, barrages hydroélectriques et télécommunications( assez visibles à travers le pays) qui sont, non seulement rentables à moyen et long termes, mais améliorent la rentabilité dans beaucoup d’autres secteurs d’activité tels que les transports, le commerce, le tourisme, l’hôtellerie etc., (Paul Romer,1986 ; Barro,1990)) et favorisent la géographie économique à travers la réduction des coûts de transfert. Mieux, des études économétriques ont confirmé l’impact significatif des infrastructures économiques sur la croissance économique d’un pays (Ratner,1983 ; Ram et Ramsey, 1989 : Barro, 1990 : Christolodoulakis , 1993 ; Easterly et Rebelo,1993 ; Khanan, 1996 ;Fritsch,1999 ; Fernald,1999 ;Shirley and Winston, 2004 ; Escurra and al, 2005 ; Destefanis and al ,2005 ; Michaels,2008 etc.,).
Ce qui est incompréhensible, c’est que, dans leurs positions scientifiquement erronées (dont ils ne se rendent pas compte peut-être), les soi-disant experts, économistes, activistes et hommes politiques ivoiriens qui s’insurgent contre l’endettement soi-disant excessif du pays, on constate qu’ils s’appuient sur le fameux taux d’endettement seuil de 70% (à ne pas dépasser) que les niveaux d’endettement de la Côte d’Ivoire (dont le taux d’endettement D/PIB le plus élevé jusqu’ici est de 61,8%, en 2023) n’ont jamais atteint. C’est dommage, surtout pour des soi-disant spécialistes en économie qui, pourtant ne sont pas capables, à partir de leur propre formule (D/PIB), de faire un raisonnement logique. C’est pourtant simple : si le taux d’endettement D/PIB inférieur à 70% implique qu’un pays n’est pas surendetté, et que le d’endettement de la Côte d’Ivoire est inférieur à 70%, alors la Côte d’Ivoire n’est pas surendettée. Un écolier du cours moyen peut aisément tenir ce raisonnement logique simple.
Or, comme nous l’avons déjà relevé, les taux d’endettement D/PIB de la Côte d’Ivoire, en 201,2022 et 2023 sont respectivement de 50,9 %, 56,8% et 61,8 (cf., FMI, Banque Mondiale et BAD). Par conséquent, le pays n’est ni surendetté ni en difficulté financière et ne court aucun risque à s’endetter, pour l’instant. Toute autre interprétation est mathématiquement irrationnelle, anti économique, idéologique voire démagogique et relève du fantasme. Le lecteur comprend bien que tous ceux qui s’agitent contre le soi-disant surendettement de la Côte d’Ivoire le font en dehors de tout raisonnement logique et de toute rationalité économique.
Par comparaison, au sein de la CEDEAO, il est bon de souligner que le Ghana, avec des taux d’endettement ( D/PIB) de 82%, 93,5% , 86, 1%,largement au-dessus de 70% et de ceux de la Côte d’Ivoire( 50,9%, 56,8% et 61,8%), continue d’obtenir des financements extérieurs privés et publics ( y compris de la part des institutions de bretton Woods) et a réalisé de taux de croissance économique de 5,4%, 3,3% , 2,3% et connu des taux d’inflation élevés de 10%, 31,5% et 44,7% qui s’expliquent par la volatilité extrême du cedi, sa monnaie qui est non convertible, peu crédible et par la pratique d’ une mauvaise politique monétaire ; la Côte d’Ivoire, elle, a réalisé des taux de croissance nettement plus élevés de 7%,6,7% ,6,9% et des taux d’inflation relativement modérés de 4,2%, 5,2% et 4,8%.
Dans ces conditions, et par référence à toutes les explications antérieures, il serait déraisonnable et antiéconomique de demander, à la Côte d’Ivoire, de se priver des ressources additionnelles que constituent les financements extérieurs (publics et privés) pour financer son développement, sous le prétexte irrationnel de taux d’endettement (D/PIB) répressif ( qui n’existe que dans l’imagination de ceux qui s’évertuent à l’inventer) puisque ses propres taux d’endettement D/PIB sont nettement en deçà du seuil d’intolérance de 70% ; cela n’a aucun sens et ne serait que contreproductif. Souvenons-nous, ici aussi que le plan Marshall (13 milliards de dollars américains à l’époque, l’équivalent de 100 milliards de dollars américains aujourd’hui) a permis la reconstruction de l’Europe occidentale dévastée par la Seconde guerre mondiale et que le développement de la Corée du Sud a été financé principalement sur fonds extérieurs en provenance des pays de l’OCDE.
La vérité scientifique est que le fameux taux d’endettement D/PIB est irrationnel et anti économique, que s’entêter à y faire référence, dans une analyse, est erroné et n’explique strictement rien dans l’économie d’un pays ; la vérité, c’est également et surtout que la dette, affectée à un investissement ou placement rentables, est hautement désirable et recommandée, puisqu’elle s’auto rembourse et est facteur de croissance économique quel que soit son montant. La vérité scientifique, c’est, enfin qu’arrêter d’endetter la Côte d’Ivoire, c’est refuser du capital productif disponible au niveau international ; un tel acte serait déraisonnable et contreproductif et jouerait contre son développement économique et le bien-être de son peuple. Tout le raisonnement, tenu dans le présent article, est expliqué, dans le détail avec démonstrations mathématiques, dans mon livre intitulé : « L’endettement international : mythe ou réalité en Afrique ? », publié en 2021, aux éditions l’Harmattan, Paris.
Molière Djelhi Yahot,
Docteur en Sciences Économiques
Ancien professeur d’Économie à l’ENA
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