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Côte d’Ivoire : « Voici ce qui me gêne dans le débat sur la nouvelle génération » (Mabri)



Ce qui me gêne dans le débat qui a cours, c’est sa personnalisation. C’est qu’on cible des gens, on semble viser des gens et c’est ce qui est dit. Et c’est ce qui est gênant parce que la loi doit être impersonnelle, elle ne doit viser personne. Le renouvellement de génération est un phénomène naturel. Nous tous, nous naissons, grandissons, nous faisons des enfants, nous vieillissons. Quand nous commençons à vieillir, ce qui nous préoccupe est de savoir si les enfants sont suffisamment grands, mûrs, suffisamment préparés à assurer la relève demain, à nous remplacer. Je suis sûr, parce qu’acteur politique, que c’est comme cela aussi la vie politique.

Et ce ne sont pas mes aînés, les présidents Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, qui diront le contraire. Ce renouvellement de génération doit être, nous tous, notre préoccupation si nous aimons la Côte d’Ivoire. Maintenant, s’il doit avoir un projet de loi qui nous conduise à cela, je souhaite que les choses se passent dans la forme. Le texte dont on parle aujourd’hui, c’est par référendum que nous l’avons adopté. Si cela doit être changé, il faut que ce soit par un parallélisme de forme, par référendum que nous y parvenons.

Le moment venu, s’il y avait un projet de loi dans ce sens, l’UDPCI aura à examiner la question et à se prononcer. Maintenant, c’est un débat sur les réseaux sociaux et nous n’avons pas discuté fondamentalement de cette question. Mais je souhaite que ce soit un traitement impersonnel qui soit réservé à l’importante question de limitation de l’âge à l’élection présidentielle, étant donné que c’était une ancienne disposition qui a été retirée. Nous attendons une suite qui nous permettra de mener le débat et permettre au peuple de Côte d’Ivoire de délibérer et d’adopter la position qui s’impose.

Souhaiteriez-vous, comme certaines personnes de la classe politique ivoirienne le disent, que les présidents Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo fassent la place à une nouvelle génération en 2025 ?

C’est à eux d’apprécier. Je pense que chacun d’eux a apporté de son mieux à la Côte d’Ivoire. Il y en a certains qui sont dans la politique depuis plusieurs décennies. C’est à eux de dire que le moment est venu que nous nous retirions. Mais, je les comprendrais s’ils observent aussi la maturité au niveau des nouvelles générations. Il faut que nous, nous les prouvions que nous sommes mûrs. Vous vous souvenez qu’il y a quelque temps, j’indiquais à ceux qui disaient qu’il n’y avait personne de prêt au niveau de la Côte d’Ivoire pour assurer la relève, qu’ils étaient en train de mentir et qu’ils étaient en train d’insulter Houphouët-Boigny.

Qui depuis 1945, a permis à des générations et des générations de jeunes de ce pays de se former à l’étranger. De se former politiquement. Aujourd’hui, nous pouvons être fiers de la jeunesse ivoirienne qui est capable d’apporter le meilleur à notre pays.

Que diriez-vous aux militants de l’UDPCI qui ont viré au RHDP et qui souhaitent effectuer un retour à leur parti d’origine ?

Nous n’avons pas dit à ces militants de partir. Ils ont souhaité aller voir ailleurs. S’il se trouve que les tabourets deviennent rares là-bas et qu’ici au moins nous avons quelques chaises traditionnelles solides où nous pouvons être ensemble, en attendant que Mabri occupe le grand fauteuil présidentiel pour le bonheur de la Côte d’Ivoire, ils peuvent revenir.

Ils trouveront des frères et des sœurs qui ont gardé la maison jalousement avec toute leur énergie, quelques fois au risque de leur vie. Nous l’avons fait en mémoire de Robert Gueï, nous l’avons fait pour la Côte d’Ivoire, nous l’avons fait pour notre attachement à la démocratie. Le parti se porte bien, il se portera de mieux en mieux et il y a la place pour tous les Ivoiriens et pour tous ceux qui y étaient, hier, et qu’ils veulent revenir.

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