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"La libération de Gbagbo peut contribuer à la réconciliation si le gouvernement s’approprie le dossier" (Député PDCI de Bonon)



Il y a deux facteurs qui ont pesé dans la balance. Car depuis 2013, je n’ai jamais abandonné mes parents ainsi que le terrain à Bonon. Je suis resté fidèle à la tradition et je me suis mis à leur service. J’ai organisé au niveau des trois tribus qui constituent aujourd’hui Bonon-Zaguiéta, la chefferie et cela a renforcé la cohésion entre les populations.

Aujourd’hui, tous les Chefs traditionnels de la Marahoué sont également organisés et se retrouvent autour des Chefs centraux pour échanger sur des questions importantes. Dans le cas de Bonon-Zaguiéta, j’ai fait élire trois Chefs de Tribu. Donc tout ce travail était en cours lorsque les élections législatives ont été annoncées. Ce sont tous ces Chefs traditionnels, et tous les Chefs de la communauté Baoulé qui m’ont sollicité pour aller à ces législatives, car je suis leur fils qui est toujours à leurs côtés, quelles que soient les circonstances.

Avant même le scrutin, ces Chefs avaient envoyé deux délégations vers moi pour me dire qu’ils portaient leur choix sur ma modeste personne pour les futures échéances électorales. Je leur ai dit que c’est le Pdci-Rda qui choisit. Et donc, j’allais déposer mon intention de candidature au niveau de la direction du Pdci. C’est ce que j’ai fait. Sur les 8 candidats qui étaient en lice, unanimement, les parents ont porté leur choix sur moi.
 
 

Pour les législatives, il y avait en face, un candidat du Rhdp, un de Eds, et des candidats indépendants. Mais grâce au soutien des parents, je suis sorti vainqueur parce que j’ai bénéficié de la confiance de mes parents et des populations de Bonon-Zaguiéta.

Est-ce que ce schéma que vous décrivez vous conforte dans la position de ce que votre parti, le Pdci-Rda, est majoritaire à Bonon ?

Il y a deux choses en politique, le parti politique et la personne qui incarne ce parti politique sur le terrain. A certains endroits, le Pdci-Rda a joué un grand rôle. Et en d’autres endroits, la personne de Trazié a joué aussi un rôle. Donc ce sont les éléments complémentaires qui m’ont facilité la tâche. Je peux donc dire que le Pdci est bien implanté à Bonon. A travers la personne de Trazié, je peux dire que le Pdci a une bonne assise dans cette zone.

Votre parti a été secoué depuis 2018 par un grand mouvement. Les racines du Pdci sont encore là, vous l’avez dit. Mais par rapport à l’avenir, êtes-vous optimiste que votre parti tiendra encore le bon bout?

Je suis très optimiste. Et je l’ai déjà dit à des journalistes. A Bonon, je ne sais pas qui peut battre le Pdci à des élections, actuellement. Si la personne de Trazié accompagne un candidat, ce dernier gagnera toujours avec le Pdci-Rda. Le Pdci est donc implanté solidement. Si le Pdci me laisse cette chance de continuer, je pense que d’ici les élections prochaines, il n’y aura pas de parti fort autre que le Pdci-Rda à Bonon.

Car mes parents me font confiance et je fais le travail qu’ils demandent. Là où se trouve leur enfant, ils se sentent obligés d’y être. Il y a quelques années, le Pdci-Rda n’avait que 18 sections à Bonon. Mais aujourd’hui, nous avons 40 sections. Cela voudrait dire que tous les villages qui sont dans la commune ont rallié le Pdci-Rda avec Trazié (…). Mais il y a encore du travail à faire pour que le Pdci reprenne son assise comme par le passé à Bonon, où il n’y avait aucun autre parti que le Pdci-Rda.

Vous êtes le député de Bonon pour cette nouvelle législature, sous quel signe placez-vous ce mandat ?

Je place ce mandat sous le signe du rassemblement, de réconciliation, du vivre ensemble, du vrai militantisme au Pdci et sous le signe de la démocratie. Je suis l’envoyé de mes parents, je dois donc respecter cet engagement d’un envoyé qui doit leur faire un retour chaque fois que de besoin. Je suis prêt à leur faire un retour.

Si au niveau de l’Assemblée Nationale, il y a des dossiers compliqués, je dois recourir à eux avant de venir donner ma position. Il y a eu la session d’ouverture de l’Assemblée Nationale, le jeudi dernier, vous avez fait vos premiers pas à l’hémicycle.

Quel sentiment retenez-vous de ce premier jour ?

Je n’étais pas dépaysé, car quand je dirigeais le mouvement de la jeunesse africaine pour la défense de la paix, nous siégeons à l’hémicycle au niveau de la Commission 7 avec le président Guié Honoré. Donc l’Assemblée Nationale ne m’est pas étrangère. Ce que j’ai remarqué à l’ouverture de cette session, c’est que le discours du président de l’Assemblée Nationale, si cela est appliqué tel que cela a été dit, je pense que nous pouvons nous retrouver et on parlera bien de la Côte d’Ivoire.

Mais si cela reste au stade d’un simple discours, sans que des actes concrets accompagnent, je pense que la démocratie, la cohésion sociale évoquées par le président de l’Assemblée Nationale ne pourront pas prévaloir au sein de cette Assemblée comme il le souhaite. Autre constat que j’ai fait, c’est que le président n’a pas fait cas de l’acquittement total du président Laurent Gbagbo et de Blé Goudé par la Cour d’appel de la Cpi. Cela fait partie de la vie de la nation et même du vivre ensemble que nous prônons tous.

A propos de cette libération du président Laurent Gbagbo et Blé Goudé, pensez-vous que cela va concourir à l’apaisement et à la réconciliation en Côte d’Ivoire ?

Je suis sûr que cela peut contribuer à la réconciliation si le gouvernement s’approprie leur libération pour en faire un outil de réconciliation. Mais si le gouvernement s’oppose à cela et à leur retour en Côte d’Ivoire, cela pourrait être une source de conflit. A partir du moment où ce sont des frères ivoiriens, qui ont passé plusieurs années en prison, et qui sont acquittés, lavés entièrement de tout soupçon de culpabilité par la Justice internationale, il est bon que la nation tout entière se retrouve pour organiser leur retour.

Si nous nous associons à eux pour construire le pays ensemble, il n’y a pas de raison qu’eux aussi n’apaisent pas la situation et qu’ils ne trouvent pas les mots les plus justes pour que le peuple vive ensemble et en paix. Mais si l’on les considère encore comme des adversaires, cela pourrait être source de division.

Est-ce que cette nouvelle Assemblée Nationale avec plusieurs entités politiques représentées, va favoriser des débats démocratiques, selon vous ?

Je suis convaincu que le niveau du débat sera élevé parce que la plateforme de l’opposition est représentée au sein de cette Assemblée Nationale. Et ces partis de l’opposition ont déjà travaillé ensemble. Il y aura plusieurs groupes parlementaires et cela voudrait dire que le débat sera de haut niveau. Je voulais donc inviter les députés à être des vrais représentants du peuple.

Même si nous sommes dans un groupe parlementaire qui est majoritaire à l’Assemblée, nous ne devons pas adopter des lois qui n’arrangent pas le peuple. Malheureusement, les députés qui siègent dans nos Parlements Africains n’appliquent pas les vraies raisons pour lesquelles, ils viennent à l’Assemblée Nationale.

Le député vient à l’Assemblée pour peser le pour et le contre de la vie que mènent les populations. S’il y a une loi qui va contre leur bien-être, il faut avoir le courage de dire non, que de dire que je suis de la majorité au pouvoir, donc je dois voter toutes les lois que l’Exécutif présente.

Quel est le message du député Trazié aux populations de Bonon-Zaguiéta ?

Je voudrais remercier les populations de Bonon de m’avoir fait confiance et de m’avoir envoyé en mission. Je leur dis que, bien que je sois en mission au Parlement, je reste un acteur de développement à leur service, car je fus maire et je n’ai pas oublié ce passé. Ces populations pourront toujours compter sur moi en termes d’actions de développement malgré mes nouvelles charges de député.

Donc je suis prêt à appuyer tous les projets de développement qui seront engagés en faveur de mes parents. A cet effet, je fais appel à tous les cadres pour que nous nous mettions ensemble pour œuvrer pour le développement de Bonon et même de la Marahoué.

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