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Présidentielle 2015: Interview / Guy Charles Wayoro (Néo-houphouëtiste): « On devait combattre Youssouf Bakayoko »



Pensez-vous que la présidentielle de 2015 sera transparente, démocratique et apaisée, comme souhaitée ?


J'ai un problème avec la Commission électorale indépendante (Cei), non pas dans sa composition, car pour être honnête, c'est mieux que ce que nous avions en 2010. Je veux parler de confiance. Un arbitre, c'est d'abord la confiance. S'il n'est pas accrédité d'une confiance, tout acte qu'il posera sera, à tort ou à raison, suspecté. Voilà le président de la Cei qu'on soupçonne de beaucoup de choses. En 2010, Ouattara a dit à Bédié : «Cher aîné, on a volé ta victoire, je vais te la ramener». Donc, il reconnaît qu'on a volé une victoire à Bédié. Quant à Bédié, il dit qu'«il a été frustré d'au moins 600 mille voix» au premier tour. Laurent Gbagbo affirme, dans son récent livre, que c'est Bédié qui a été admis au premier tour. Donc les trois sont unanimes que les élections, au premier tour, n'ont pas été claires. Mais le patron de l'arbitrage de ces élections s'appelle Youssouf Bakayoko. Dès lors que les trois leaders dénoncent ce monsieur à la tête de cette structure, quand on le propose à la tête de la même structure, on dit non, on le combat. Aujourd'hui, quoique Youssouf Bakayoko fera, Bédié dira : ''il était là et on m'a volé 600 mille voix. Ouattara et les proches de Gbagbo diront ''ce monsieur est capable de tout''.


Vous insinuez que nous allons à des élections biaisées d'avance, mais acceptée quand même par les tenants du pouvoir. Puisque le Président Ouattara lui a rendu hommage, avec le soutien de Bédié.

 
L'homme est reconvertible et les élections à venir peuvent ne pas ressembler à celles d'hier. Peut-être que pour ce qui s'est passé, parce que la crise post-électorale est là pour dire que c'est la faute à quelqu'un qui aurait fait des déclarations au Golf, ou alors à quelqu'un qui aurait fait des déclarations alors qu'il n'en avait pas le droit en tant que président du Conseil constitutionnel. L'histoire est là. C'est pourquoi que l'Onu est maintenue pour cette élection, sinon l'Onu serait partie parce qu'on est dans la normalité. Mais si l'Onu est encore présente, c'est qu'il y a voir parce que le problème, c'était Youssouf Bakayoko. Et je pense qu'il en a conscience. C'est pourquoi l'opposition ne doit pas sortir de la CEI. Il faut être dedans pour voir les choses se faire. Prions pour que le bon sens habite chacun, mais d'avance, ne disons pas que ce sera une mauvaise élection. Dès l'instant que nous nous mettons dans ces dispositions, au premier couac, nous nous lancerons des pierres, si ce ne sont des balles que nous tirerons.

 

Source Linfodrome



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