
Interview avec Sidney Karam’s, humouriste et bibliothécaire : N’attendez pas que je meure pour me décorer à titre posthume
Le romandrom n’est pas une librairie, mais c’est une bibliothèque solidaire qui est ouverte à tout le monde. Je suis un passionnée de lecture, depuis le collège. J’ai toujours aimé la lecture. J’ai toujours prôné la lecture dans mon environnement. Je suis devenu un bénévole pour la littérature parce que moi-même je suis un passionné de la littérature depuis mon enfance. Ma passion de la littérature m’amenait à marcher de la gare de Bassam au grand marché de Treichville où, il y avait des librairies dites par terre. Les prix des bouquins variaient de 60 à 400 Francs CFA et m’y rendais pour en acheter pour les lire.
Cette attention que vous portez aux autres ne devrait-elle pas être le contraire?
J’ai toujours eu le sens du social dans ma vie, puisque j’ai toujours prôné la paix, la solidarité et le dialogue. J’ai toujours mis le dialogue au devant de toutes choses. J’ai été inspiré par les grandes philosophies telles que celles prônées par le Mahatma Gandhi, Nelson Mandela et Félix Houphouët-Boigny. C’est la preuve que c’est moi qui devrais recevoir des autres, mais on a l’impression que c’est moi qui donne aux autres et c’est ce que je fais depuis longtemps. Je vis à Treichville depuis l’âge de 7 ans et tous ceux qui m’ont connu en temps qu’humoriste me retrouvent en tant que bibliothécaire, passionné de lecture. A tous les grands rendez-vous littéraires, je me présente et souvent je vais épauler les grands écrivains en tant que bibliothécaire et souvent en tant qu’humoriste. Je fais des prestations humoristiques pour égayer le public. Mais tout le monde me connaît en tant qu’humoriste. Combien d’ivoiriens m’ont tendu la perche dans ma carrière ? Combien d’hommes de paix, de ministres m’ont vu à la télévision et combien de gouvernements qui se sont succédé après le régime de le feu président Félix Houphouët-Boigny se sont dit : « Sidney Karam’s hormis son handicap, ne mendie pas, mais il se bat. Il faut qu’on l’aide » ? Personne. Les gouvernements qui se sont succédé ne m’ont donné quoi que ce soit. Je trouve cela injuste. Je me suis battu pendant plusieurs années pour prôner la paix. J’ai miné le président Félix Houphouët-Boigny pendant plus de vingt ans (25) ou trente ans (30) à la télévision. Le Burida me doit des droits d’auteurs. Jusqu’aujourd’hui je n’ai reçu aucun centime. Il y a beaucoup d’injustice qu’il faut réparer. En plus d’être humoriste je suis un handicapé physique. Mais je n’utilise pas pas mon handicap physique pour mendier. Tout le monde me voit pendant mes spectacles sur les scènes ivoiriennes. Mais personne ne lève le petit doigt pour m’aider. Cependant, n’attendez pas que je meure pour m’envoyer des décorations à titre posthume. Actuellement j’ai besoin d’aide financière. J’ai une bibliothèque que j’ai conçue à mes propres frais. J’ai eu l’accord de mon ministre de tutelle qui a promis me rendre visite et voir dans quelle mesure il allait me venir en aide mais cela n’a pas été le cas. Le Burida doit aussi me verser mes droits d’auteurs. Il y a beaucoup d’injustice en Côte d’Ivoire. Je crois qu’un pays émergent c’est aussi la solidarité et c’est d’aider celui qui se bat, surtout, la personne handicapée. Je pouvais faire comme mes amis handicapés, m’asseoir au bord des routes, mendier ou escroquer les autres, mais j’ai préféré chercher mon gagne-pain. Je suis dans une commune où tout le monde me dit que le maire m’apprécie, mais qu’est-ce que le maire fait réellement pour moi? Le maire est venu ici me faire des promesses de campagne, pendant les élections municipales, il m’a promis une bibliothèque, mais jusqu’aujourd’hui silence radio. Ses collaborateurs m’empêchent de le voir. Il n’est pas informé de mes problèmes par ce que je vis la misère. Je suis parmi les handicapés les mieux vues en Côte d’Ivoire, ayant été le premier imitateur de feu le Président Félix Houphouët-Boigny. Toute personne qui a du respect pour ce grand homme devrait aider Sidney Karam. Je pense que ceux qui ont dit qu’ils avaient du respect pour le président ne l’aimaient que du bout des lèvres. C’est plutôt son argent qu’ils convoitaient. Handicapé ayant été l’un des premiers imitateurs de feu le président Houphouët, je devrais être décoré et pourquoi pas, être à l’abri de tous les besoins et avoir une situation stable. J’utilise votre lucarne pour dire mes vérités à certaines personnes qui n’aiment pas qu’on leur dise la vérité. Je ne veux pas les citer mais ils se reconnaîtront à travers ma plaidoirie.
Est-ce qu’après toutes ces promesses faites pas le ministre Maurice Bandaman, le maire de Treichville, Amichia Paul et toutes ces personnes que vous ne voulez pas citer. Etes-vous allé vers eux ?
J’ai plusieurs fois envoyé des messages au ministre Maurice Bandaman dans le but de refaire ma bibliothèque. Il m’a répondu sur facebook qu’il allait venir, mais il n’est jamais venu. Au récent Masa, j’ai fait une prestation et j’ai rencontré le ministre dans la foule. Je me suis avancé vers lui et je lui ai soumis le problème de la bibliothèque. Le ministre a dit en premier devant des journalistes et photographes : « Mon cher ami je viendrai voir ta bibliothèque ». Il ne l’a pas encore fait. Quand je vois que le ministre donne de l’argent aux artistes-chanteurs et que depuis qu’il est ministre je n’ai perçu aucun centime, je vois que ce n’est pas juste. Je suis allé à plusieurs reprises à son cabinet. Là bas on me dit « le ministre est en voyage, quand il va venir on verra un planning pour toi ». Chaque fois que je vais au ministère, je rencontre son directeur du livre, Henri N’Koumo et son directeur de cabinet, c’est le même discours qui m’est toujours tenu. Alors je voulais savoir si le ministre viendrait lorsqu’on me mettra sous terre ? Le maire François Amichia a promis me construire une nouvelle bibliothèque et il m’a promis me trouver du travail. Je lui ai suggéré que je pouvais être animateur à la radio de sa commune avec un programme consacré à la littérature. Mais après la campagne, je n’ai rien vu de tout cela. J’ai mobilisé mes abonnés pour sa campagne, mais en retour je n’ai rien vu, j’ai été payé en monnaie de singe. Ses collaborateurs m’empêchent de le voir et quand je vais à son cabinet, je ne le vois jamais. Trouvez-vous normal qu’un célèbre et premier imitateur de Côte d’Ivoire de mon rang qui habite de surcroit la commune de Treichville, n’ai jamais eu d’audience avec le maire de sa commune ? Cela n’est pas normal et je suis un citoyen de la commune de Treichville et un citoyen à part entière. Pourquoi certains m’empêchent-ils de voir le maire.
Comment les populations de Treichville ont-ils accueilli le Romandrom?
Je dois avouer qu’ils ont beaucoup apprécié l’esprit de créativité et de génie littéraire que j’ai eu pour l’espace. Ils ont bien accueilli cet espace. Avant la création de cette bibliothèque, j’ai frappé à toutes les portes pour mettre sur pied, cette bibliothèque. Toutes les portes étaient hermétiquement fermés en 2002-2003 et il fallu que je me transforme en sous-traitant en imprimerie et être démarcheur dans deux (2) ou trois (3) structures. C’est ma commission que j’ai prise pour ouvrir ma bibliothèque. J’ai frappé aux portes du ministre de tutelle, de la mairie de Treichville et de plusieurs ambassades, elles étaient fermées. J’ai crée cet espace ‘’Romandrom’’ qui est la fierté de Treichville et de la Côte d’Ivoire.
Quel bilan faites-vous des onze années d’existence de votre librairie ?
Je ne dirai pas que mon bilan a été nul, mais je pense que le bilan du ‘’Romandrom ‘’ a été positif puisque elle ça m’a permis de savoir quelle stratégie utiliser pour inciter les Ivoiriens à lire et ce cela m’a permis de me poser la question : « Que faire de ma matière grise car être handicapé n’est pas une fin en soi ?» On peut être handicapé et être un battant. Même si le gouvernement ne t’aide pas à t’insérer dans la société, tu peux t’y insérer toi-même. J’ai crée cet espace et le libraire a pris le dessus sur l’humoriste. Quand quelqu’un dit Sidney Karam’s, l’on me reconnaît par la bibliothèque et non plus par l’humour. Parce qu’au niveau de l’humour j’ai fait les beaux jours de la télévision ivoirienne, mais je n’ai rien eu en récompense. J’ai réalisé des œuvres discographiques, et mis sur support mes prestations publiques, le Burida ne me verse aucun centime. Pour le dernier Masa, aucun droit de répartition ne m’a été versé. Je trouve qu’il ya trop d’injustice, le ministre de tutelle et le ministre qui s’occupe des personnes handicapés doivent corriger cela. Je lance un appel au premier ministre qui m’avait déjà félicité et encouragé lors d’une cérémonie organisée par les agents de la mutuelle des grands travaux en 1998 au Mess des armées. En cette péroide, Kablan Duncan était le premier ministre du président Bedié. Il m’a dit ceci : « Sidney Karam’s, je te vois à la télévision, à l’émission de Tempo, mais c’est aujourd’hui que je te vois sur scène et je ne savais pas que tu étais handicapé ». Tu imitais Félix Houphouët-Boigny à la perfection et tu nous arrachais des fous-rires, mais ce gala m’a permis de savoir qui tu es, je promets t’aider, passe me voir à la primature ». Et à chaque fois que je m’y rendais, il y a toujours eu des coupeurs de routes qui m’empêchaient de le voir. Je lance aussi un appel au ministre Hamed Bakayoko a qui j’ai adressé un courrier pour solliciter une aide pour le ‘’Romandrom’’, mais les courriers sont restés sans suite car l’un de ses collaborateurs m’a appelé pour me dire que le ministre est informé de l’existence du Romandrom, et qu’il allait m’aider. J’attends toujours. Actuellement, je fonctionne avec un ordinateur archaïque que j’utilise pour communiquer avec le monde entier, je pense qu’il faut faire preuve de solidarité quand on parle d’émergence. L’on ne peut pas parler d’émergence sans parler de solidarité. J’ai eu 2600 abonnées qui sont passés avec des dossiers et chiffres à l’appui. Donc 2600 lecteurs et lectrices dans une petite bibliothèque. Avec cet espace, j’ai reçu des écrivains qui ont fait des dédicaces et des rencontres littéraires. Je pense qu’au lieu de m’enfoncer, l’on gagnerait à travailler avec moi pour porter la culture de la Côte d’ Ivoire au devant de la scène internationale.
Pendant les onze années de vie du Romandrom, comment se sont faites les fournitures de votre librairie ?
Pendant les 11 années de vie du Romandrom, les fournitures en livres ont été faites à mes propres frais. Quand je fais un spectacle, je reparti le cachet en deux, une moitié pour mes livres et l’autre pour mes propres dépenses. Il y a cependant une Ong qui m’a fait récemment don de livres pour enfants. Cette Ong a promis m’en envoyer d’avantage.
Comment êtes-vous devenu humoriste?
Depuis le collège. Je faisais de l’humour et mes premiers passages à la télévision étaient avec Georges Aboké et Claude Tamo. Ils m’ont aidé à me faire connaître du grand public ivoirien. Généralement, j’imitais le président Félix Houphouët-Boigny. Le public se doutait que je pouvais imiter d’autres personnes. Je pouvais imiter des voix de 7 ou 8 personnes, mais on ne me donnait que la possibilité d’imiter le président puisque c’était l’époque du parti unique. J’ai cette capacité, mais l’occasion ne m’est pas donné de m’exprimer sur scène.
A l’occasion du récent Masa, vous annonciez votre retour sur scène. Comment les choses se sont elles présentées à vous dans ce vaste marché ?
Lors du Masa, j’avais effectivement annoncé mon grand retour parce que des personnes que je n’aimerais pas nommer m’ont fait des promesses. Ces personnes ont promis me donner un coup de main pour me permettre de sortir de l’ombre. A la dernière minute, ces personnes ont fait volte-face et n’ont pas respecté leurs engagements. C’est ce qui m’a permis de m’enfermer dans ma coquille pour attendre d’éventuels promoteurs et des personnes qui respectent leurs paroles données.
Pensez-vous qu’il suffit de faire rire et vendre un spectacle ? Comment concevez-vous vos spectacles ?
Je pense qu’on peut faire rire et vendre un spectacle. La preuve est que les jeunes humoristes qui ont émergés, font non seulement rire mais ils vendent aussi leurs spectacles. Alors, pourquoi moi qui suis le doyen des humoristes, je ne pourrais pas le faire ? J’ai des vidéos sur Youtube que j’envoie à des amis en Europe, ils sont sidérés de savoir que je possède du talent et je croupi toujours en Côte d’Ivoire. J’ai du talent et les capacités d’imiter une quinzaine de voix d’hommes, des cris d’animaux. Je suis un ancien de l’Insaac. J’y ai fait l’école de théâtre et de danse. Je conçois mes spectacles de manière professionnelle. D’abord, j’écris et je répète souvent mes textes dans ma bibliothèque qui me sert de laboratoire. Pour ma casquette d’humoriste, le public m’a connu à la télévision et je l’ai perfectionnée dans les bouquins et dans la rue. Ma casquette d’imitateur, je l’ai perfectionnée à l’Insaac. Je profite pour lancer un appel à la première Dame Dominique Ouattara. Que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer malgré toutes les démarches faites à son cabinet et à la présidence. J’espère qu’elle lira vos lignes et qu’elle fera parler son cœur.
Réalisée par Peguy Sika
Source l'intelligent d'abidjan
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