
Interview / David Tayorault :"Bebi philip est le meilleur de cette génération d’arrangeurs"
• Il est difficile de te mettre la main dessus, ces temps-ci. Que prépares- tu ?
- Je prépare beaucoup de choses.
Je suis sur plusieurs fronts. Je suis actuellement sur la promo de mon nouveau single ‘’Poupoukou’’, qui va son petit bonhomme de chemin. Je suis toujours parti à l’extérieur pour le travail et pour participer à des festivals en Europe. C’est pour cela qu’on ne me voit pas trop ici au pays.
• Tu es très occupé aussi, semble-t-il, avec les préparatifs de tes 30 ans de carrière ?
- Tout à fait. J’ai décidé de marquer cette célébration par une grande fête le 18 avril prochain au Palais de la culture. Il y aura beaucoup d’invités ce jour-là et le parrain artistique est le groupe Kassav. Il y aura Lokoua Kanza, Sam Fan Thomas, Dan Junior et le groupe Woya. Tous ces artistes font partie de mon histoire ou ont quelque chose à avoir avec mon histoire. Je veux les réunir autour de moi pour passer des moments inoubliables. Ça sera environ une trentaine d’artistes qui vont se succéder au Palais de la culture.
• Le groupe Woya sera-t-il au grand complet pour cette célébration ?
- Bien sûr! J’ai rencontré pratiquement tout le monde. Je me suis déplacé en Europe pour croiser Manou Gallo, César, Billy et Freddy Assogba. Ici, j’ai vu Tiane, Amy Bamba et Jacky. Ils seront tous là.
• Qu’est-ce qui va se passer concrètement pendant cette grosse fête ?
- On va démarrer à 16h avec une kermesse et la vente de produits dérivés de David Tayorault. Ce ne sera pas un concert qu’on a l’habitude de voir. Ça sera un vrai show à l’américaine. C’est là qu’on verra toute la différence dans le travail abattu durant mes 30 ans de carrière. Je ne vais pas tout dévoiler ici. Mais je demande aux gens de venir ce jour-là, parce qu’il y aura beaucoup de surprises. Ça sera quelque chose de grandiose. Je ne dors pratiquement pas tous les jours à cause des répétitions.
• En 2010, tu avais vraiment envie de réussir la célébration de tes 25 ans de carrière. Malheureusement, tu n’as pas eu de sponsors pour t’accompagner. Est-ce que pour les 30 ans, des gens et des sponsors t’accompagnent sur ce coup-là ?
- Dieu merci, il y a des gens qui ont du respect pour mon travail, qui ont décidé de m’accompagner. Ce ne sont pas les mêmes personnes qui m’ont accompagné en 2010, qui sont sur les 30 ans. Et l’équipe de production vient de Paris. Ce sont des Ivoiriens qui sont en France, qui ont décidé de faire ce concert pour moi. Je suis heureux pour cela. C’est ce qui me va droit au cœur.
• Quels sont les événements qui t’ont marqué durant ces 30 ans de carrière ?
- En 30 ans, il y a beaucoup de choses qui se sont passées. Des événements pas reluisants et aussi gais. Mais il y a eu plus de choses positives que négatives. Il faut prendre depuis le début de ma carrière en 1985, avec la création des Woya. Nous avons partagé des moments fabuleux. C’est ce groupe qui a permis qu’on me connaisse en tant que David Tayorault. C’est ce que je garde de positif. J’ai l’habitude de rigoler en disant que je suis un grossiste et non un détaillant. C’est-à-dire que je vais à l’essentiel et les petits détails comme les peaux de banane sur le chemin, les jalousies, j’en ai cure. J’ai plus d’un objectif à atteindre. Je dis toujours que le concurrent de David Tayorault s’appelle David Tayorault. Parce que je me bats tous les jours pour être plus performant qu’hier. Que je sois demain plus performant qu’aujourd’hui. C’est mon leitmotiv de travail. C’est pour cela que depuis 30 ans, je suis toujours au premier plan. J’ai vu des gens venir et partir. Je ne gère pas tout ce qui se passe à côté. Mon travail, c’est la musique. J’ai rencontré des gens merveilleux dans ma vie artistique. J’ai fait beaucoup de collaborations. Malheureusement, il y a certaines collaborations qui se sont terminées en queue de poisson. Ce n’est pas le plus important. Je retiens les choses positives, comme mes collaborations avec Youssou NDour, Jacob Desvarieux, Mokobé et des grands producteurs des grosses maisons de disques. Toutes ces personnes ont apporté des choses positives dans mon travail.
• Tout n’a pas été toujours rose ?
- (Il rit) Bon, c’est l’ingratitude des artistes. Mais, je n’en fais pas une fixation. Et je ne veux pas citer de noms. Je suis destiné à être quelqu’un de grand.
• Tu t’étais installé en France un moment pour rechercher quoi, la reconnaissance internationale ?
- Vous savez, la reconnaissance internationale ne vient pas comme cela. C’est beaucoup de travail, c’est beaucoup de mois, d’années d’attente. Dans la vie, tout ne se débloque pas comme cela. J’ai espoir qu’un jour cette reconnaissance internationale viendra. Je travaille toujours dans ce sens-là. Je rencontre énormément de gens qui ont des pouvoirs de décision dans le show-business. Quand tu es correct avec ces gens-là, il n’y a aucun problème. J’ai gravi les échelons, parce que je respecte ceux qui viennent travailler avec moi. Ça viendra un jour. Chacun a son heure. Dieu ne sonne pas la cloche pour tout le monde en même temps. Mieux vaut que ça vienne tard, pour que ça continue pour le reste de la vie, que jamais.
• Les classiques de la chanson ivoirienne que tu as annoncés depuis bien longtemps sont-ils prêts, aujourd’hui ?
- Le projet est en cours. Ça fait deux ans que les enregistrements ont commencé. C’est une bonne dizaine de titres qu’on va revisiter. Cela me tient à cœur. J’ai la moitié des autorisations pour les reprises. Maintenant, il y a certains titres dont c’est difficile de trouver les producteurs. J’ai trouvé la stratégie et je vais le faire. Ce qui est sûr, si je le fais et quand les diffusions vont commencer, il y a des familles qui vont sortir de l’ombre pour réagir forcément. On discutera et on mettra tout au point pour ne pas avoir de problème avec qui que ce soit.
• Qu’est-ce que tu aurais souhaité être si tu n’étais pas devenu artiste ?
- Je serais certainement dans un bureau en train de dessiner pour des gens. Parce que j’étais un très bon dessinateur. J’étais un grand portraitiste. Mais j’ai toujours été prédestiné à faire de l’art. D’ailleurs, c’est ce que j’ai transmis à mes enfants. Mon garçon de 12 ans est un super dessinateur. Il fait des bandes dessinées. Je vais certainement le réorienter vers le dessin industriel. Même la dernière, elle aussi dessine bien. Celui qui fait les clips était un super dessinateur. J’ai un peu influencé toute ma famille. Son frère cadet est un amoureux de la photo. Il est infographe et il travaille avec beaucoup d’agences de publicité. C’est lui qui fait toutes les photos de mes pochettes d’albums.
• Est-ce que tu es un homme comblé aujourd’hui à 46 ans, après 30 ans de carrière ?
- Je suis un homme plutôt comblé. J’ai une famille merveilleuse. Quand, on a une épouse qui comprend le métier, qui t’encourage et qui t’épaule, tu n’as pas peur de ce qui arrive devant. Je vis réellement de mon art. J’adore ce métier.
• ll y a beaucoup de jeunes arrangeurs qui sont venus après toi. Qu’est-ce que tu penses d’eux ?
- Ce sont mes enfants. Ce sont des enfants très talentueux. Ils me rappellent l’époque où je suis arrivé dans les arrangements. Comme nous on avait trouvé Boncana Maïga, Bamba Yang, feux Wompy, Marcellin Yacé, Jimmy Hyacinthe. On les a un peu bousculés. Quand je suis arrivé dans le métier, je me suis fait épauler par les anciens. Nous, on partait vers eux. Et c’est ce qui est important. Aujourd’hui, les jeunes arrangeurs ne vont pas vers leurs aînés. C’est vraiment dommage. Ce que je demande à ces jeunes arrangeurs, c’est qu’ils travaillent pour maintenir le cap comme je l’ai fait. Ils font la musique pour leur génération. Quand ils prendront de l’âge, ils comprendront. Quand on fait la musique, il faut diversifier. Il faut aller vers un public plus large.
• Parmi eux, quel est l’arrangeur qui retient ton attention ?
- C’est Bebi Philip. C’est un bon arrangeur. Il me rappelle ma jeunesse. Il a la fougue, il est super intelligent. C’est un garçon que j’apprécie bien. C’est le meilleur de cette génération d’arrangeurs. Il ira très loin.
• Tu es un acteur important de la montée du Zouglou et du couper-décaler ?
- Je suis l’un des acteurs de ces musiques. Ce sont des musiques ivoiriennes. Je les encourage dans le bon sens. Qu’ils fassent des choses potables. C’est le conseil que je donne à mes jeunes du couper-décaler. Ils ont accroché véritablement. Je leur dis tout le temps qu’il faut qu’ils nettoient leur musique. Je ne réalise plus d’albums Couper-décaler, puisque j’ai passé la main aux jeunes. Quand vous écoutez la musique nigériane, elle est faite de la manière la plus simple. Il y a de très bons refrains qu’on retient facilement. Il y a de très belles mélodies, pas compliquées. Et ça marche. Quand tu écoutes la musique Couper-décaler, tu ne retiens rien. Il y a tellement de parties, de blocages, etc. On ne peut plus la danser en boîte. Parce que c’est devenu un spectacle, une gymnastique.
• Des gens pensent que tu devrais avoir une reconnaissance nationale, pour tout ce que tu fais pour la musique ivoirienne ?
- Oh, je n’ai pas fait ce métier pour recevoir une médaille de qui que ce soit. Je ne cours pas après ça. Je fais mon métier et les gens aiment ce que je fais. Si l’Etat ne reconnaît pas, ce n’est pas un problème. Je satisfais mes fans, c’est le plus important. Je ne cours pas après une quelconque décoration.
• Tu es membre du conseil d’administration du BURIDA. Comment se porte cette maison ?
- Le BURIDA se porte très bien. Depuis deux ou trois ans, les artistes perçoivent régulièrement leur droit. C’est ce qui donne une atmosphère apaisante là-bas. On entend plus les bruits de bottes comme par le passé. Le BURIDA ne vit que par le travail que fourni les artistes. Si tu n’es pas actif dans ton travail, cela va se ressentir sur tes droits d’auteur. Il faut que les artistes travaillent. Qu’on arrête de tirer à boulets rouges sur la maison. Il y a certains artistes qui tirent sur le BURIDA avec la main droite et après tendent la main gauche pour demander de l’aide. Dans les autres pays, on n’a jamais entendu les artistes vilipender leur maison de droit d’auteur. Le BURIDA essaie de mener à bien sa mission. J’en fais partie et je sais ce qui se passe. Je veux lancer un appel à tous les artistes qui sont au sommet de leur art. Je leur demande de s’impliquer dans la restauration de l’image du BURIDA. Quand il y a de grandes actions, on ne voit jamais ces grosses stars au BURIDA.
• Ils ont certainement des reproches à faire au BURIDA ?
- Qui ne perçoit pas ces droits en ce moment ? Ce n’est pas la presse qui va régler le problème. C’est en interne que tout peut s’arranger. Qu’on arrête de vilipender ceux qui y travaillent. Il faut se faire respecter. Je demande à mes collègues qu’on soit ensemble.
Par Patrick Bouyé
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