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LA RAISON COMMANDE UNE ALLIANCE ENTRE LE PDCI-RDA ET LE RHDP



Dans la perspective de la réconciliation nationale, le président Ouattara, certainement très méthodique, a pris le devant, pour tenter de se réconcilier avec son ainé, le président Bédié. Dans le courant du mois de mai dernier, il a dit publiquement : « J’ai milité au PDCI-RDA, en tant que numéro deux, avant la création du RDR ». Ainsi, Il a commencé à chercher des compromis, avec le PDCI-RDA. Mais, pour que ça marche, il faut que le président Bédié et le PDCI-RDA acceptent l’offre ; or, ils ne l’accepteront que s’ils y trouvent leurs intérêts. Qu’en est- il ?
    Après la crise postélectorale d’octobre 2020, la rencontre entre les présidents Bédié et Ouattara a permis de baisser considérablement la tension politique dans le pays.  Tous les partis politiques ont alors participé aux élections législatives de mars 2021.
    Le PFI a compris enfin que la politique de la chaise vide n’est pas payante. Pour l’avoir toujours pratiqué après la crise postélectorale de 2010, il s’est mis en grande difficulté lors de ces élections législatives de 2021. Il ne gagne que 18 sièges (soit 7%) sur les 255 sièges de l’Assemblée Nationale. Pire, il a perdu beaucoup de sièges dans son propre fief de l’Ouest du pays. Ces résultats des législatives sont un échec, pour un parti qui, dix ans plus tôt, exerçait le pouvoir d’État et avait obtenu une majorité absolue à l’Assemblée Nationale, l’unique chambre parlementaire à l’époque.
    Le PDCI-RDA, lui, a obtenu 65 députés. C’est un score honorable étant donné les conditions d’élection plus ou moins électriques de l’après - crise postélectorale.
    Le RHDP a obtenu la majorité absolue avec 137 sièges. Il peut gouverner sans alliance dans la mesure où les votes à majorité qualifiée sont très rares dans la législation ivoirienne.
    Mais, il y a eu la crise postélectorale d’octobre 2020 ; il faut donc aller à la réconciliation nationale, tout en ayant présent à l’esprit, les élections présidentielles de 2025. Dans ces conditions, il faut bien chercher, dès maintenant, à avoir un allié. Et le président Ouattara semble avoir choisi le rapprochement, à nouveau, avec le PDCI-RDA. Mais, la dernière crise a laissé des blessures profondes : mort d’hommes et rupture de confiance. La tâche s’annonce difficile, mais pas impossible ; la politique étant le jeu des intérêts partisans basé sur des compromis, tant qu’il y aura un intérêt quelconque, commun pour deux partis ou deux hommes politiques, ils s’entendront toujours, au nom de cet intérêt commun.
    Dès que les résultats des élections législatives ont été proclamés et confirmés, le débat, sur les alliances probables entre partis politiques, a commencé en privé et dans les États- majors politiques, sans beaucoup de bruit. Et les prises de positions radicales ou modérées sur le rapprochement, à nouveau, entre le RHDP du président Ouattara et le PDCI-RDA du président Bédié, s’affrontent dans les deux camps. Mais, les lignes semblent bouger. Un des signes perceptibles, est la présence, début juin 2021, du premier ministre RHDP, Patrick Achi, aux obsèques à Daoukro, d’un ancien chargé de mission du président Bédié. Sans un minimum de détente de l’atmosphère politique, il n’aurait pas effectué le déplacement. Et puis, selon des sources plus ou moins fiables, les deux présidents Ouattara et Bédié ont recommencé à se parler.  Peut-être timidement, mais, ils se parlent.
   Évidemment, avec la configuration législative de mars 2021, le PDCI-RDA n’a pas d’intérêt, du moins immédiat ou même à moyen et long termes (5 ans), à s’allier avec le FPI, qui ne l’a d’ailleurs jamais porté dans son cœur. Malgré les déclarations, ce parti ne s’était pas impliqué véritablement dans le boycott actif d’octobre dernier, décidé d’un commun accord, parce que Gbagbo n’étant pas candidat, les GOR (les Gbagbo Ou Rien) ne pouvaient se battre pour Bédié et son PDCI-RDA.  Deux ans auparavant, pendant que le président Bédié tentait d’organiser une vaste et unique coalition de l’opposition, les partisans de Gbagbo, sur son instruction, sans doute, ont créé EDS, leur propre coalition de gauche, pour ne pas s‘aligner derrière Bédié et le PDCI-RDA, dans une coalition unique.
    Une alliance du PDCI-RDA, parti de droite modéré, avec le FPI, parti socialiste extrémiste, donc de gauche, serait hétéroclite et difficile à gérer idéologiquement. Une telle alliance n’aurait pas la majorité, même simple, à l’Assemblée Nationale ; elle n’aurait que 65 sièges plus 18 sièges, soit 83 sièges, donc très loin de la majorité simple de 127 sièges. Une telle alliance ne pourrait donc peser sur les débats politiques, au cours de la législature entamée, depuis mars 2021. Aucune de ses préoccupations majeures ne serait donc prises en compte. Politiquement, elle n’aurait aucun sens.
    Par contre, une alliance du PDCI-RDA avec le RHDP permettrait, à la nouvelle coalition, d’obtenir une majorité confortable, avec 202 sièges, à l’Assemblée Nationale. Dans un tel cas de figure, le PDCI-RDA participerait, à nouveau, à l’exercice du pouvoir ; ce qui n’est pas rien, même si les cadres et les militants du PDCI-RDA pourraient ne pas avoir des postes dominants. Mais, mieux vaut perdre à moitié que totalement.
    De toute évidence, l’alliance avec le RHDP serait plus profitable au PDCI-RDA qu’une alliance avec le FPI. En politique, il n’y a pas de place pour l’émotion, seule la raison doit guider les prises de positions et les accords d’alliance. Encore une fois, la politique, c’est le jeu des intérêts partisans basé sur des compris. Par conséquent, nul ne peut et ne doit faire de la politique contre ses propres intérêts.

Dr Djelhi Yahot Molière





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