Le fondateur du très actif think tank ouest-africain Wathi, ne mâche pas ses mots. Pour lui, « le déficit de culture démocratique » plonge fréquemment un certain nombre de pays africains dans des violences électorales.

Pour que les scrutins, surtout l’élection présidentielle, ne soient plus des moments d'instabilité, Gilles Yabi propose un remède : « Il faut investir dans les dimensions non électorales de la démocratie. Il s'agit notamment de l'éducation civique, de la culture politique, de la qualité de l'offre politique et de toutes les institutions impliquées dans l'organisation des élections. Il faut toujours penser à ces éléments même si on n'est pas en période électorale ».

S'exprimant ce mercredi 7 avril à Dakar, en marge de la conférence de presse de Partners West Africa Sénégal qui prépare un hommage à  feu le Général Lamine Cissé, acteur central de la première alternance au pouvoir au Sénégal en 2000, le spécialiste des questions politiques a déconseillé la recherche de « solutions faciles ».

Par rapport au « troisième mandat » souvent interdit par la constitution mais que certains présidents sortants s’efforcent de briguer sans gêne, au risque de provoquer de graves crises dans leurs pays pays, M. Yabi a soutenu que cette quête prouve « le manque d'éthique dans la gestion des affaires publiques », rappelant qu' « on ne peut pas consolider la démocratie si les gouvernants n'ont pas de culture démocratique ».

Selon lui, les sources d'instabilité sont à éviter rigoureusement en Afrique de l'Ouest surtout que les mouvements jihadistes qui y sévissent s’emploient a en profiter. De l'avis du politologue béninois, cette région est confrontée à d' « énormes défis sécuritaires » qui pourraient se compliquer « davantage dans le futur ».

Pour que cette prédiction ne se réalise pas, le Directeur exécutif de Wathi a invité à repenser la relation entre les gouvernants et les gouvernés. « La réponse strictement militaire ne suffit pas à régler durablement les problèmes de sécurité. On le voit bien au Sahel. Il faut également une approche politique, sociale et économique », a-t-il préconisé.

Dans le cadre de la célébration du second anniversaire de la disparition du Général Lamine Cissé (1939-2019), Partners West Africa Sénégal, dont il fut le tout premier président du Conseil d'administration, organise un colloque international le 16 avril prochain dans la capitale sénégalaise.

Le thème retenu pour ces activités de réflexion en mixte, présentiel et dématérialisé,  est « L'intégrité, l'éthique et la bonne gouvernance au service de la paix et de la sécurité, sur la voie tracée par un homme d'exception : le Général Lamine Cissé ».

Responsable principal, en tant que ministre de l'Intérieur, de l’élection présidentielle historique qui a permis la première alternance au pouvoir au Sénégal en 2000, cet ancien Chef d'Etat-Major Général des Armées de son pays a été aussi le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique et chef du bureau Nations Unies en Afrique de l'Ouest.

ID/APA