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Ecole de formation de football : Contacté par Sidy Diallo, Jean-M. Guillou dévoile sa stratégie



17 ans après ses déboires avec Me Roger Ouégnin qui l’ont conduit à abandonner le centre de formation, Mimosifcom qu’il a mis sur pied en 1990, Jean-Marc Guillou revient à Abidjan pour ouvrir un nouveau centre d’apprentissage football. Cette fois, en accord avec le président de la Fédération ivoirienne de football, Sidy Diallo. Dans une récente interview à Jeune Afrique, Guillou parle de ce projet.

Jeune Afrique : Vous allez revenir à Abidjan à la demande d’Augustin Sidy Diallo, le président de la FIF. Quelle sera votre mission ?

Jean-Marc Guillou : M. Diallo souhaite réorganiser la formation en Côte d’Ivoire et me laisse carte blanche. En Afrique en général et dans ce pays en particulier, les compétitions de jeunes sont trop souvent négligées, voire inexistantes. Je vais donc ouvrir une nouvelle académie, l’objectif étant de repérer les meilleurs joueurs, de les orienter vers les meilleures structures de formation et de préparer ainsi l’avenir du foot africain.

Comment cela se traduira-t?il concrètement ?

Il y a 24 millions d’habitants en Côte d’Ivoire, et un potentiel de 300 000 licenciés dans la tranche d’âge 8-17 ans. Nous allons diviser le pays en cinq ou six régions et organiser de véritables compétitions pour les jeunes. Cela prendra des années pour que toutes les catégories d’âge soient concernées. Mais que les choses soient claires : je ne serai pas directeur technique national [DTN] !

Comment financerez-vous ce programme ?

D’abord grâce aux licences des joueurs, avec un tarif adapté aux réalités économiques du pays. Puis grâce aux transferts. Comme toujours dans mes académies, la sélection sera stricte. Je reste un amoureux et un défenseur du beau jeu, mais nous visons la performance. On peut être un joueur très technique tout en étant efficace.

Quand un jeune entre chez nous, c’est parce qu’il a des chances élevées d’intégrer un jour la sélection nationale. Nous avons également un très haut degré d’exigence en matière éducative. Nos académiciens suivent une scolarité adaptée à la pratique du sport.

Votre aventure avec l’Asec s’est achevée devant la justice ivoirienne, qui vous a condamné en 2003 à cinq ans de prison et à une amende de 292 millions de F CFA (environ 445 000 euros). Cette affaire a-t?elle laissé des traces ?

Elle a brisé une longue amitié avec M. Ouégnin. Quand il a voulu prendre le contrôle de MimoSifcom, j’ai proposé que l’affaire soit portée devant le Tribunal arbitral du sport [TAS], mais il a préféré qu’elle soit jugée par les tribunaux ivoiriens… Cela étant, on m’a assuré que je pouvais revenir en Côte d’Ivoire sans problème. J’espère même y terminer ma vie.

Un sélectionneur étranger, même s’il coûte plus cher, est moins soumis aux influences et aux jalousies locales

Vous avez ouvert d’autres académies : en Afrique (Mali, Ghana, Madagascar, Égypte, Algérie, Maroc), en Asie (Vietnam, Thaïlande) et en Belgique. Certaines ont fermé. Le bilan est-il mitigé ?

Certaines académies ont fermé parce que leur contrat arrivait à terme. Il y a aussi des cas particuliers. Pour faire fonctionner une académie, il faut convaincre des investisseurs. Et, aussi, des clubs partenaires. Or certains présidents de club peuvent être tentés de prendre le contrôle d’une académie : ce fut le cas à l’Asec ou en Algérie, à Paradou.

Il y a aussi les réalités sportives : à Madagascar, nous n’avons pas poursuivi l’aventure en raison du niveau du football local. N’oublions pas qu’une académie gagne de l’argent grâce aux transferts qu’elle réalise. Aujourd’hui, la plus rentable est celle de Bamako. Nous la gérons à 90 %, et sommes partenaires du Real Bamako [division 1], qui fait jouer en équipe première certains de nos académiciens. Je rappelle au passage que MimoSifcom était rentable quand ma société la gérait…

Beaucoup de sélections nationales africaines font appel à des binationaux. Est-ce un problème ?

Pas pour moi. Je ne suis pas d’accord avec Michel Platini [l’ex-président de la Fifa] quand il dit que les joueurs doivent être formés localement. Beaucoup de footballeurs d’origine africaine sont nés en France et y ont été formés. Statistiquement, les chances de porter le maillot des Bleus ne sont pas élevées.

Si, à un moment donné, les joueurs constatent que les possibilités de représenter la France sont quasi nulles, et qu’ils acceptent de changer de nationalité sportive pour aller en Algérie ou au Sénégal, où est le problème ? Cela permet de rehausser le niveau des sélections africaines et, partant, celui du foot africain.



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