Flash info

GNAMIEN YAO EST MAL PLACE POUR DONNER DES LECONS DE FIDELITE POLITIQUE



Dans un article à charge, publié dans le Nouveau Réveil no 5183 du vendredi 31 Mai 2019, Monsieur Gnamien Yao, Grand conférencier du PDCI- RDA traite Ahoussou Kouadio D’ingrat pour avoir acquitté le Président Bédié et le PDCI-RDA (le parti qui lui donné tout et à qui il doit tout) pour le RHDP. Et lui, Gnamien Yao, entend assumer son militantisme de 37 ans (contre 20 ans de militantisme selon lui pour Ahoussou) au service du PDCI-RDA et du Président Bédié, « le candidat du PDCI- RDA aux élections présidentielles de 2020 ». De plus, il prête à Ahoussou des intentions de candidature aux élections présidentielles de 2020. Je voudrais faire ici, un certain nombre d’observations.


    1.Si quitter le Président Bédié est un crime, alors Gnamien Yao est autant criminel que Jeannot Ahoussou. En effet, Gnamien Yao, militant depuis plusieurs décennies (je le lui concède), a été le premier à abandonner le Président Bédié pour se mettre au service du Président FPI Gbagbo, en contrepartie d’un poste d’ambassadeur (sans poste diplomatique à l’étranger).  Après la tragique crise postélectorale, Gnamien Yao, s’est rapidement retrouvé du côté du PDCI et du Président Bédié dont le candidat de la coalition RHDP, Alassane Ouattara, est devenu Président de la République de Côte d’Ivoire, cette fois, pour protéger son poste d’ambassadeur.


2.Si changer de position politique est un crime, comme il le présume dans son article, alors lui, Gnamien Yao, aura commis un double crime : une première fois, en quittant Bédié (qui avait perdu le pouvoir) pour rejoindre Gbagbo (président élu) au point d’être aussi arrêté dans le Bunker auprès de Gbagbo), et une seconde fois, en abandonnant Gbagbo le perdant, devenu prisonnier, pour rejoindre le camp des vainqueurs (la coalition RHDP) et le Président Ouattara.


 3.Ahoussou est militant du PDCI- RDA depuis 1972 quand il militait au MEECI (section scolaire et estudiantine du PDCI-RDA) au lycée classique de Bouaké ; à bien compter, cela fait 47 ans de militantisme de Jeannot Ahoussou, soit 10 ans de plus que Gnamien Yao ;


4. Après 47 ans de militantisme, il me semble légitime qu’un militant veuille porter les couleurs de son parti ou se porter candidat aux élections présidentielles. Mais, pour Ahoussou, tout n’est pas d’occuper des postes à tout prix, mais, l’essentiel, c’est se mettre au service de sa communauté. De ce point de vue, les ivoiriens (dans le combat contre la dictature de Gbagbo), et surtout le peuple Baoulé, dans ses moments difficiles a toujours eu le soutien de Jeannot Ahoussou.


5. Ahoussou, avocat de métier, n’a jamais occupé un poste dans l’Administration ivoirienne conféré par décret, contrairement à Gnamien Yao, qui a occupé plusieurs postes dans l’Administration ivoirienne par décrets présidentiels de Houphouet à Ouattara en passant par Bédié, Guéi et Gbagbo. Entre Ahoussou Jeannot et Gnamien Yao, à qui les présidents successifs ont tout donné ?


6. Ahoussou Jeannot n’a occupé que des postes politiques (ministre) et électifs (adjoint au Maire à Attécoubé, député de Didiévi, président de Conseil Régional du Bélier, Sénateur du Bélier et Président du Sénat). Ahoussou a été nommé Ministre de l’Industrie au titre du PDCI en 2002 dans le  gouvernement d’ouverture éphémère de Gbagbo , deux mois environ, avant l’éclatement de la rébellion le 19 septembre 2002 ; et les observateurs avisés et les ivoiriens de bonne foi ne peuvent contester, à l’époque, son mérite, puisqu’il était un des très rares responsables et militants PDCI à avoir défier les militaires du Général putschiste Guéi,  bien qu’il ait échappé à un assassinat d’un escadron de la mort constitué de militaires putschistes, à son domicile, pendant  le coup d’Etat de 1999 contre Bédié.


7.Ahoussou et Djédjé Mady étaient parmi les très rares (à peine 10) responsables et militants PDCI à prendre le coup de téléphone de Bédié exilé en France (le Président Bédié, très honnête intellectuellement, pourra le confirmer). Qui, dans ce pays, n’a pas vu Jeannot Ahoussou défendre le Président Bédié, des responsables PDCI emprisonnés ou poursuivis en justice (dont feue Moulot, Akélé Ezan, Fologo, Adjoumani etc.) au péril de sa propre vie sous le régime dictatorial de Gbagbo (où les escadrons de la mort ont tenté de l’assassiner à domicile au moins trois fois) ?


8. Pour les postes électifs qu’il a occupés et occupe, qui, au DPCI, peut se targuer d’avoir financé ses campagnes successives ? Par le financement de ses nombreuses actions en faveur du PDCI, objectivité oblige à reconnaitre qu’il a donné nettement plus qu’il n’a reçu, lui qui a perdu des contrats se chiffrant globalement en milliards à cause de son militantisme au PDCI.


9. Si Gnamien Yao, comme tous les ivoiriens, est libre de choisir le parti auquel il veut adhérer, qu’il veuille bien « concéder » la même liberté à Ahoussou qui, comme tous les ivoiriens, a les mêmes droits que le sieur Gnamien Yao.
La politique étant le jeu de l’intelligence, de l’habileté et des intérêts partisans basé sur des compromis, il faut éviter de la transformer en jeu de haine, de mépris et d’injures, car comme Maurice ZSafran et Nicolas Domenach le disent, « la haine et le mépris rendent inintelligent ».

                                 Docteur Jean Diggli, professeur d’Economie aux usa


                                                                                Abidjan le 31 Mai 2019





Photos inedites



Facebook

Interview