Flash info

Situation socio-politique : Emile Constant Bombet sort de sa réserve et assène des vérités crues au régime Ouattara



Le ministre Emile Constant Bombet n’a pas voulu donner dans la langue de bois quand il a été invité à prendre la parole, le mardi 9 avril 2019, à la tribune de la célébration des maires élus du ‘’Réseau des cadres du Pdci organisée dans un grand hôtel d’Abidjan Cocody. Le vice-président du Pdci-Rda, dernier ministre de l’Intérieur de feu Houphouët-Boigny qu’on entend rarement, a voulu montrer à son auditoire du jour qu’il suit de près l’actualité en Côte d’Ivoire. A propos, en enseignant l’union et la fraternité à ses interlocuteurs comme étant deux vertus sur lesquelles la nation ivoirienne a reposé dans la paix, il a fustigé ce qui apparait à ses yeux comme une discrimination entre les mêmes filles et fils du même pays. « Il suffit d’examiner les nominations qui s’opèrent en Côte d’Ivoire. On a l’impression que le report de l’excellence et de la réflexion s’est reporté sur une seule donnée de la Côte d’Ivoire. Et l’ignorance et l’obscurantisme s’est abattue sur l’espace le plus important du pays », a déploré le doyen du Pdci-Rda.

L’homme, qui a fait plusieurs fois référence à la philosophie et aux pratiques de son maitre, feu Félix Houphouët-Boigny, a tenu à partager des expérience qu’il a vécu à son époque. « Je voulais vous assurer que quand j’étais ministre de l’Intérieur, j’ai eu la charge d’amener les projets de nomination de mes collègues et de les porter au président (Houphouët-Boigny). Un ministre était autorisé à avoir deux ressortissants de sa zone. Le reste, il faut qu’il pense à la Côte d’Ivoire. Cela est peut-être lointain, mais c’est des approches efficientes », a préconisé le dignitaire du Pdci-Rda.

Achat de conscience

Le ministre Bombet, resté fidèle à Henri Konan Bédié, a exhorté les jeunes cadres de son parti à mettre la main à l’étrier pour ramener cette formation politique au pouvoir en 2020. Il les a encouragés à œuvrer dans l’efficacité pour réussir ce challenge que s’est fixé le parti qui venait de célébrer ses 73 ans d’existence. « L’œuvre est immense, mais notre fierté, c’est de vous savoir à l’œuvre, et nous pouvons dire que nous n’avons pas vécu inutiles en vous regardant prendre à bras le corps le Pdci pour qu’en 2020 nous puissions revenir au pouvoir ». L’invité de Diédri N’goran et ses camarades ne s’arrêtera pas là. Il déplorera un manque d’éthique dans la pratique de la politique en Côte d’Ivoire présentement par ce qu’il appelle l’achat des consciences. « Je tiens à insister sur l’éthique. Je dirai que le parallèle de l’éthique, c’est la dignité. Je vous exhorte à rester digne, en dépit de tout ce qu’on peut considérer comme achat de conscience. On ne peut bâtir une nation en procédant par l’achat des consciences ».

C’est pourquoi il conseille aux militants et cadres du Pdci de travailler avec les moyens de bord en étant plutôt convainquant auprès des populations. « En matière politique, il ne suffit pas de dire ‘’je n’ai pas d’argent’’. Vous pouvez donner suffisamment d’argent à des personnes, mais tant qu’elles ne sont pas convaincues, elles ont un objectif. Nous ne sommes pas au pouvoir, nous n’avons pas d’argent. Mais, nous pouvons convaincre. C’est une question d’approche des populations. Il faut vivre leurs réalités », a instruit l’ancien patron de l’Administration ivoirienne.

L'histoire se répète avec Bédié

Un autre fait qui interpelle l’ancien collaborateur d’Houphouët-Boigny, c’est la discrimination faite aux communes sur la base des appartenances idéologiques de leurs élus. « Une nation, un Etat qui se respecte ne peut pas donner des budgets aux maires en fonction de leur appartenance politique. Le Maire de Cocody gère la cité de Cocody. Même s’il est Pdci, les populations de Cocody ne sont pas tous Pdci. Le marché d’Adjamé, sa réalisation a été autorisée par le ministère de l’Intérieur alors que le maire était Fpi. Le financement spécial et la finalisation de la maquette a été autorisée par le ministère du Budget. Nous n’avons pas vu la politique, mais l’importance que le projet revêt pour cette cité ».

Maire Pdci Notre Héritage

Jacques Ohouo, la représente de Sylvestre Emmou et Jean Marc Yacé ont reçu des présents symboliques du Réseau dont ils ont membre

Quid du retrait du Pdci-Rda du Rassemblement des Houphouëtistes dirigé par le président de la République, Alassane Ouattara ? Selon le ministre Bombet, ce retrait n’est pas le premier désapparentement du parti d’Houphouët-Boigny avec un allié. Il a rappelé le premier désapparentement avec le parti communiste à l’époque coloniale. Une décision d’Houphouët-Boigny « qui a failli faire éclater le Pdci », puisque certains cadres n’étaient pas d’accord avec leur président. « Mais, l’apparentement, qui l’a négocié ? C’était Houphouët-Boigny. Qui a décidé de se désapparenter ? C’était Houphouët-Boigny. Mais, ceux qui l’ont accompagné, certains ont préféré aller ailleurs parce qu’il a pris une décision ». Pour Emile Constant Bombet, « L’histoire se répète ». Cette fois, avec Henri Konan Bédié. « Il y a eu l’engagement de Bédié dans le Rhdp, qui a fait couler beaucoup de salive, parce que des militants n’étaient pas d’accord. Mais, il a pensé qu’avec cette approche, on pouvait réussir à ramener la réconciliation et à permettre l’alternance pour une gestion harmonieuse du pays. Ce qui l’a amené à prendre des risques, mais contre l’avis des militants du Pdci ». Et le ministre Bombet d’ajouter : « Le retrait du Pdci du Rhdp doit être analysé comme le deuxième désapparentement du Pdci. Pour réussir cet engagement, pour faire en sorte que cette sorte de gage réussisse, c’est sur vous que le président (Bédié) compte. Vous êtes des jeunes cadres, et le réseau fait partie de ceux-là qui peuvent conduire cette action ».

La crise à la tête du Royaume Baoulé

Le dernier sujet qui interpellera le vice-président du Pdci-Rda, c’est la crise à la tête du Royaume Baoulé ces dernières semaines. Il a assimilé cette crise à « une campagne de destruction de la chefferie Baoulé en cours ». « Tous, nous avons appris l’histoire de la Reine Pokou. Tous nous savons que le siège est à Sakassou. Le président Houphouët avait un respect scrupuleux pour le royaume. Nous souhaitons que ceux qui sont de cette zone continuent d’œuvrer pour que la destruction de notre culture ne soit pas un fait réel dans la nation. C’est inadmissible ! », a martelé le vieux colonel de l’armée.

Pour ne pas voguer en marge de la cérémonie du jour, l’ancien ministre de l’Intérieur a prodigué de sages conseils aux nouveaux maires élus en les exhortant à gérer leur cité comme si c’était l’Etat en miniature.

Bien avant, le ministre a été précédé dans ces conseils par le président du Réseau des cadres Pdci Notre Héritage aux maires élus de son mouvement à Abidjan. « La Côte d’Ivoire vous regarde, vos concitoyens dans vos communes attendent beaucoup de vous. Il vous faut trouver des alternatives pour répondre aux attentes de vos électeurs et aux défis du développement ». Diédri N’goran a réaffirmé la disponibilité du réseau à accompagner ses élus dans leurs missions qui s’annoncent délicates dans le contexte politique où ils ont été portés à la tête de leurs communes. Les concernés, qui ont reçu des présents de leurs camarades de parti, n’ont pas tari en reconnaissances et en remerciements pour tous les soutiens dont ils ont bénéficié.





Photos inedites



Facebook

Interview