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Gilets jaunes : Macron reconnaît avoir fait des « erreurs »



Invité de la chaîne de télévision italienne Rai Uno, Emmanuel Macron a reconnu des erreurs qui pourraient expliquer la crise des Gilets jaunes, dont l'acte XVI s'est déroulé ce samedi. « Quand on va trop vite, qu'on est trop rapides ou trop caricaturaux, on fait des erreurs », a estimé le chef de l'État, dans une interview à la chaîne de télévision italienne RAI Uno. « Moi, j'en ai fait d'ailleurs par le passé, c'est une partie de l'explication de la crise. » « On ne peut pas laisser les gens qui ont besoin de travailler, de vivre, de bouger, face à une impossibilité de mobilité pour quelque raison que ce soit », a-t-il ajouté. « Il faut les réconcilier. C'est par l'expertise scientifique, par le dialogue, la concertation, et par l'innovation. »

Dans cet entretien télévisé, le chef de l'État est revenu sur les tensions qui existent avec le gouvernement italien, symbolisé par le rappel en février de l'ambassadeur de France à Rome. « Il y a un malentendu qui s'est installé, les péripéties les plus récentes ne sont à mes yeux pas graves, et il faut passer au-delà », a estimé Emmanuel Macron. « Il y a eu des propos excessifs. Il y a des péripéties aujourd'hui. Moi, je pense que ce que nous devons à nos peuples, à notre histoire et à l'Europe, c'est d'aller au-delà », a-t-il souligné. « C'est aussi pour cela que nous nous sommes parlé et que j'ai voulu inviter le président italien [Sergio Mattarella] à venir. » À moins de trois mois des élections européennes, Emmanuel Macron a également estimé que l'Europe ne pouvait pas « avancer » si l'Italie n'en faisait pas partie. « Pour moi, le dialogue avec l'Italie, le dialogue avec Rome est absolument essentiel », a-t-il dit.

« Sur un volcan »

Emmanuel Macron a également livré un plaidoyer en faveur d'une « Europe forte » et mis en garde contre la tentation du « repli nationaliste ». « Je ne crois pas que la réponse soit dans la simplification du message de certains nationalistes », a-t-il déclaré. « Aucun pays, aucun en Europe, ni l'Italie ni la France, ne réglera les problèmes qui sont les siens en s'opposant aux autres pays européens et en se repliant juste sur le plan national. Nous réglerons nos problèmes en coopérant et, ensemble, en ayant une stratégie vis-à-vis des autres. » « Nous avons besoin d'une Europe plus forte [...] pour rebâtir véritablement une Europe plus unie, plus souveraine, plus forte », a-t-il poursuivi. « C'est le cœur de la campagne qui s'ouvre. Cette campagne, elle ne doit pas être entre une ouverture béate et le retour au nationalisme. »

 

« Il y a des gens qui défendent le nationalisme, qui veulent combattre notre Europe. Moi, je combattrai ces gens avec force, parce que je pense qu'ils nous feraient reculer », a-t-il ajouté. « Nous devons, aujourd'hui, en respectant l'identité de nos peuples et l'esprit de chacun de ces peuples, bâtir [...] une Europe souveraine sur le plan de sa défense, sur le plan politique, sur le plan du numérique, sur le plan du climat et de l'énergie, sur le plan de l'alimentation ».

« Le moment qui est le nôtre, c'est celui de personnes qui sont sur un volcan », a estimé Emmanuel Macron. « Il y a des gens qui pensent qu'on peut continuer comme des somnambules, comme si de rien n'était. Ils seront ensevelis. » « Moi, j'ai la conscience du tragique, qui est le nôtre, et je vois ce qui est en train de se passer, et je me bats de toutes mes forces, pas simplement pour que le pire n'advienne pas, mais pour qu'on bâtisse quelque chose de nouveau », a-t-il conclu.

 

Lepoint.fr





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